Adèle Yon : plongée dans une mémoire familiale

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Le week-end, on laisse le travail de coté. On fait autre chose, on s’occupe, on lit.

Et parce qu’avant de rédiger du contenu je suis un lecteur assidu, je vous partage mes lectures du dimanche. Celles qui valent la peine d’être lues. En vous présentant aujourd’hui « Mon vrai nom est Élisabeth » d’Adèle Yon, paru en février 2025. Ce livre est celui qui m’a le plus marqué depuis le début de l’année.

Un succès inattendu en librairie

Un succès de librairie plutôt inattendu, surtout pour une histoire issue de la thèse de doctorat de l’autrice. Mais le travail universitaire n’empêche pas le style. Et en se plongeant dans la vie de son aïeule, Adèle Yon a trouvé une vraie histoire à raconter et son style littéraire, à la fois intime et journalistique.

Un texte s’appréhende  dans toutes ses dimensions. L’histoire familiale et les non dits, que le travail de l’autrice dévoile peu à peu comme un artichaut dont on finit par trouver le cœur.

Témoignages de la famille en verbatim, enquête de fond, plongée dans la psyché des ancêtres, Adèle Yon raconte l’histoire de son aïeule comme un jeu de pistes où toutes les réalités qu’elle dévoile sont comme des twists. Mâtiné par la correspondance réelle entre Betty et son futur mari dont on envisage entre les lignes, celles de rupture, le livre nous dévoile peu à peu les contours de cette aïeule que l’on a cachée et dont l’histoire pèse lourd dans l’inconscient des femmes de la famille.

Du traitement des femmes en psychiatrie

L’histoire des femmes se lit aussi sous l’angle de la psychiatrie, du traitement abusif de la folie, de la schizophrénie  féminine, de ces diagnostics jetés à la va vite, aux conséquences multiples et terribles, mutilant la vie de milliers de femmes. L’autrice nous amène à découvrir une réalité ancienne faite de maltraitance, d’abandons, d’abus dont les effets sont encore visibles aujourd’hui sur le traitement des patients en psychiatrie.

À coté de cela, l’histoire ordinaire, celle de l’autrice n’apporte que peu de choses, si ce n’est des respirations par rapport à un texte qui donne le vertige et se lit comme une enquête de police.

Cette histoire passionnante est de celle qui marque, sur la place des femmes, sur leur traitement par leur famille, la société, sur l’oubli et la honte qui accompagnent celles et ceux qu’on a désigné comme paria, condamnés à porter la marque de leurs stigmates imposés, dans leur vie et jusque dans leur mémoire.

L’autrice dans ce texte réhabilite une femme en son nom et à sa place, celle d’une femme assignée à tort à la folie, celle d’une femme dont on a indument volé la vie.


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