ingénierie de projet : Le “gros mot” qui meut le financement participatif aujourd’hui
Il y a quelques années, je vivais Ulule. Je mangeais Ulule. Chicorée biosourcée, caleçons en chanvre récolté localement, miel de chèvre, fromage de lavande ou l’inverse, même mes cadeaux de Noël étaient issus de campagne de financement participatif.
J’étais le directeur éditorial de Flibusk, un label qui accompagnait des auteurs de bande dessinée et de livres jeunesse dans leurs campagnes participatives. Des campagnes participatives, j’en ai vu passer. De toutes sortes, des francs succès comme avec Ben Basso et son livre De Creaturis Dementiae et des plus étonnants comme la campagne de Daricy, ce policier qui rêvait d’être auteur de BD. Souhait exaucé. Ulule c’était mon fond de commerce.
En parallèle, comme expert Ulule, j’organisais des événements de mise en avant de créateurs locaux. Pitch pitch dans des lieux à la mode. Aux créateurs le micro, deux minutes pour faire le show, Ted X façon financement participatif.
Aujourd’hui je vous raconte un peu ma vie ! J’avais la double casquette, au dehors et en dedans, spécialiste en crowdfunding, connecteur de projet pour aider les créateurs à se réaliser. C’était l’âge d’or. Avant le covid. Avant la banalisation. Le financement participatif avait une vraie valeur ajoutée : il permettait à des créateurs en dehors des cases de s’exprimer. Des tendances se formaient en dehors des circuits classiques de l’édition ou du commerce. On croyait en une idée avant qu’elle existe. On se laissait séduire par un univers, une voix singulière, pas tout à fait arrivée à maturité.
Tout ça a bien changé. C’est papy qui parle !
De résonance à la prévente
Le crowdfunding est devenu une pratique répandue. Presque banale. On l’utilise désormais comme un canal de prévente, une manière de se financer et de se promouvoir qui se veut éthique, mais qui n’a plus grand-chose à voir avec la découverte de l’inattendu.
On vient au crowdfunding pour faire sa pub. Un changement des usages qui a un revers. Il exige un contenu léché pour se démarquer. Une meilleure expertise. Un vrai plan de bataille. Une campagne lancée en amateur à moins de chances d’exploser.
Prenons les culottes menstruelles. Novatrices il y a quinze ans, elles reviennent aujourd’hui régulièrement en campagne de financement participatif. Le produit n’est plus une surprise. Ce qui fait la différence, ce n’est plus l’idée elle-même, c’est la manière de la raconter : le choix des mots, la structure de la page projet, le ton employé pour convaincre une communauté déjà saturée de campagnes similaires.

La communauté ne pardonne rien
Car, le crowdfunding, ça reste communautaire. Les plateformes de financement participatif ont leurs codes. Leurs habitués qui soutiennent régulièrement des projets. La communauté veille. Elle condamne vite quand ces codes ne sont pas respectés. Le greenwashing, les promesses gonflées, les délais de livraison qui s’étirent sans explication : autant de pratiques qui déclenchent des bad buzz rapides et violents sur ces espaces où la confiance est la vraie monnaie d’échange. Une campagne mal cadrée peut se retourner contre son porteur en quelques heures, voire moins.
La rédaction de contenu n’est pas là que pour proposer des arguments aux futurs porteurs de projet. Elle sert aussi à poser un cadre honnête, à ne pas promettre ce qu’on ne peut tenir, à anticiper les questions difficiles avant qu’elles n’arrivent en commentaire public. À expliquer les étapes du projet à une communauté qui accepte mal le manque de clarté.
Une expertise, pas un coup de chance
Les campagnes de financement participatif que j’ai menées avec Flibusk, celles que j’ai mises en avant pour Ulule, m’ont donné une lecture objective de ce qui fonctionne et de ce qui échoue. Monter une campagne n’est plus un pari sur l’air du temps. Ça ne l’a jamais été totalement, mais on pouvait parfois à la manière d’un Jean-Claude Dusse se lancer et se dire que sur un malentendu ça pouvait marcher. Et j’en ai vu, un peu match improbable, rencontre du peuple avec un projet pour paraphraser un ancien politicien.
Car le crowdfunding est devenu une réelle ingénierie de projet, qui ne se traite pas à la légère. Il faut de la rigueur, un planning de communication précis. Pensée en amont une campagne de financement participatif déjoue les écueils parce qu’elle les a anticipé.
Un écrit convaincant, direct, sans détour, c’est un atout. On ne raconte pas une campagne comme on raconte un roman. Il faut aller à l’essentiel, créer l’adhésion en quelques lignes, donner envie de faire défiler la page jusqu’au bouton « je participe ».
La rédaction de contenu apporte du crédit à la présentation d’un projet. Elle transforme une intuition en récit structuré, une passion en argumentaire. Entre une idée bien ficelée sur le papier et sa mise en récit, il y a un travail entier à accomplir. C’est celui-là que je mène avec les porteurs de projets.
Si vous portez un projet et que vous cherchez à le raconter avec le sérieux qu’il mérite, j’ai parcouru cette histoire de l’intérieur et je peux vous aider à vous lancer.


Laisser un commentaire