Usine vintage, femme arrosant un parterre de fleurs indiquant RSE

RSE et rédaction de contenu : raconter ce que vous faites, sans faire semblant

RSE et rédaction de contenu : raconter ce que vous faites, sans faire semblant

Selon les cardiologues de la vieille école, il y a le bon et le mauvais cholestérol. Pour les entreprises, il y a aussi la bonne et la mauvaise RSE.

La bonne, c’est celle qui circule bien. Elle irrigue l’entreprise, elle inspire ses équipes, elle convainc ses clients d’avoir choisi un partenaire qui porte des valeurs. Cette RSE là, elle vient d’entreprises qui mettent dans leurs actes des convictions réelles. La mauvaise RSE, elle s’invite dans les rapports annuels à grands coups de périphrases, durcit les discours calibrés et finit par boucher les artères de la crédibilité. Elle vient d’entreprises qui font genre.

Moi, je suis du côté de celles qui veulent progresser, sans passer par une ordonnance de statine de RSE. Je serais plutôt côté régime crétois.

(Pour ceux qui ne comprendraient pas le rapport entre statine, régime alimentaire et cholestérol, je vous invite à visionner cet excellent documentaire, disponible sur Arte en VOD.)

La RSE, c’est quoi ce truc ?

RSE signifie Responsabilité Sociétale des Entreprises. L’idée tient en une phrase : une entreprise ne se contente pas de produire et de vendre, elle doit aussi assumer l’impact de son activité sur les personnes et sur son environnement.

La référence internationale répond au doux nom d’ISO 26000, aussi chantant que celui d’une exoplanète. Elle découpe la démarche RSE en sept grandes thématiques :

  • la gouvernance de l’organisation,
  • les droits de l’homme,
  • les relations et conditions de travail,
  • l’environnement,
  • la loyauté des pratiques,
  • les questions relatives aux consommateurs,
  • les communautés et le développement local.

En langage courant, la RSE ne se résume pas au tri des déchets et aux gourdes en inox. Elle touche à la manière de recruter, de payer, d’acheter, de décider et de rendre des comptes.

Pour savoir à quel niveau se situe votre entreprise, il existe des repères. La loi Pacte a créé des statuts comme celui de société à mission. Des labels ont été lancés, comme Engagé RSE d’AFNOR Certification, qui distingue plusieurs niveaux, de l’engagement initial à l’exemplarité. Il y a aussi des évaluations, comme EcoVadis, qui attribue des médailles. Bref, tout un panel de possible qui distribue bons et mauvais points en matière de RSE.

Chaque cadre a ses critères et le rythme à adopter. Et si aucun n’est obligatoire pour une structure de petite taille, ils fournissent des indicateurs pour créer la trajectoire de son entreprise.

Halles du Bio Bordeaux Barrière de Pessac - Photo DOminique Clère
Les Halles du Bio, du producteur à la livraison, une entreprise full RSE – Photo Dominique Clère

Quelle importance a la RSE pour votre entreprise ?

Allez, voici trois bonnes raisons de vous lancer, qui en plus s’additionnent :

L’obligation légale. Les grandes entreprises doivent déjà rendre compte de leurs impacts, avec un cadre légal en constante évolution. Ce cadre ne concerne pas directement les PME et les TPE. C’est par ricochet que les obligations fixées aux grandes entreprises finissent par ruisseler vers les petites structures. Les donneurs d’ordre, les collectivités et les marchés publics qu’elles ouvrent impliquent pour leurs prestataires le même respect des critères de RSE. Aussi, il vous est nécessaire d’être raccord avec vos partenaires dans ce domaine.

L’obligation morale. Une entreprise n’existe que dans un territoire donné, avec des salariés, des voisins, des fournisseurs. Les externalités qu’elle laisse derrière elle lui reviennent un jour ou l’autre, en bien comme en mal.

La volonté d’agir. C’est la principale raison de vous engager dans la RSE. Les démarches qui posent leur empreinte dans la durée sont celles que l’on choisit, pas celles que l’on subit. Quand l’envie vient de l’intérieur et se présente comme un engagement, la RSE cesse d’être une case à cocher.

Raconter la RSE

Faire, c’est déjà une première étape positive. Le faire savoir, c’est ce qui permet à vos clients, à vos partenaires et à vos futurs collaborateurs de vous choisir pour les bonnes raisons.

C’est là qu’un rédacteur engagé trouve sa place, pour mettre en mots votre engagement. Avec moi, ça commence par une conversation : qu’est-ce que vous faites déjà, pourquoi, depuis quand, avec qui ? Ensuite, on fait le tri. Ce qui est solide, ce qui mérite d’être raconté, ce qui reste à améliorer. Un texte honnête ose écrire « nous n’y sommes pas encore », plutôt qu’une liste d’engagements que l’on aimerait tenir, et c’est souvent lui qui aura le plus de valeur. Il va raconter les étapes d’une prise de conscience de l’impact de l’activité de l’entreprise, vers des pratiques plus vertueuses.

Raconter la RSE, c’est aussi choisir le bon format. Une page dédiée sur le site, un rapport d’activité lisible, une newsletter qui suit l’avancement des engagements, des portraits de salariés, des histoires de terrain. On ne se contente pas d’aligner des chiffres sur les économies de CO₂ réalisées ou sur les choix en matière de prestataire. On va aller à la rencontre de la TPE qui réalise une pièce particulière ou du paysan qui cultive notre matière première.

Chaine de montage voiture ouvrier peignant en vert les machines
Quand verdir ne sert que de couverture – image promptée

Un exemple de bonne mise en avant

Prenons une petite entreprise fictive de livraison à vélo en centre-ville d’une métropole comme Bordeaux. Voyons d’abord la version qui fait genre :

« Notre entreprise s’engage pour un avenir durable et responsable, au cœur de la ville de demain. »

Et maintenant, voici la version qui assume :

« Depuis 2022, nos livraisons se font à vélo cargo. Sur la dernière année, 14 000 colis ont été livrés sans un litre de carburant. Nous recrutons en insertion : trois de nos sept livreurs sont arrivés par ce dispositif, deux sont aujourd’hui en CDI. Ce qui reste à améliorer : notre local est encore chauffé au gaz. Le changement est prévu pour l’hiver prochain, nous vous tiendrons au courant. »

La première version ne dit rien. Elle aligne les mots façon novlangue, et quelque part dans la tête du lecteur s’alignent les « bla, bla, bla ». La seconde identifie avec certitude l’entreprise, avec des actions concrètes. Des faits, des chiffres, un visage et une marge de progression présentée avec honnêteté. C’est exactement ce que souhaitent lire les décideurs qui choisissent une entreprise en considérant ses actions de RSE.

La RSE, il est temps de s’y mettre

La RSE n’est pas une mode passagère. Elle n’est pas non plus un luxe réservé aux grandes entreprises. C’est un mouvement de fond, et les structures qui la prennent en compte dès leurs débuts gagnent en cohérence, en confiance et en solidité. D’autant qu’il est souvent plus facile de se lancer dans une telle démarche à petite échelle que de devoir s’adapter plus tard sous les contraintes réglementaires.

Pour vous lancer, vous n’avez pas besoin de tout révolutionner demain matin. Commencez par faire l’inventaire de ce que vous faites déjà. Posez les actes concrets sur le papier. Puis choisissez une amélioration possible, une seule, et racontez-la.

Le plus dur, c’est de démarrer. Une fois l’action lancée, les nouvelles habitudes s’installent vite. L’ESS et la nature vous remercieront.


Je suis Dominique, je rédige du contenu pour les entreprises et les associations. Vous avez une démarche RSE à raconter ? On se fait un café-call ?

Pour un premier contact par e-mail : dominique.clere@theflyingbicycle.com


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